Peur de la disruption ? Et si on acceptait tout simplement de se remettre en question, comme dans la vraie vie.

[S.Chamorro pour Humanagement.co le 3/4/2018]

On a raison, mais « pourquoi pas ? »

La disruption nous fait froid dans le dos tant il est devenu crucial d’être en permanence sur le qui-vive, en alerte au moindre frémissement d’un marché ou d’un clic declient qui pourrait affecter l’avenir de notre entreprise, aussi bien préparée soit-elle et ancrée dans ses savoir-faire ancestraux.

On a donc bien raison d’avoir peur et de rester en veille active.

Acceptons donc une fois pour toutes que la solution à la disruption est la remise en question pour ne pas passer à côté des innovations qui nous seraient bénéfiques. 

Et acceptons aussi au même instant que c’est la pire chose que l’homme sache faire et aime faire : changer

Passer du « pourquoi au pourquoi pas » où tout deviendrait entendable et possible ?

Ecouter, apprendre de l’autre (de ses opérationnels), faire évoluer son management en étant plus souple dans ses prises de décision, plus flexible pour mieux s’adapter à son client…?

Notre réalité

Pour nous tous, managers formatés à l’aune et des Grandes Ecoles de Commerce des années 90 à un management :

  • directif et paternaliste (entendez “j’ai raison, mes décisions ne se discutent pas, je n’ai pas besoin de donner d’explication…”),
  • pyramidal (entendez “on ne déborde pas de son étage SVP”- et les idées ne déborderont pas non plus),
  • en silo (ça c’est le boulot de la SI, mais il faut prendre un ticket entre 16h et 17h, non n’y va pas ça sert à rien – donc on ne fait pas),

Cette réalité bien ancrée ne va pas faciliter le changement de nos méthodes de travail :

  • abandonner ses super pouvoirs,
  • dire à l’autre “vous aviez raison on va changer celà”,
  • ou “prenez le lead là-dessus vous avez l’air d’avoir une vison claire, demandez-moi de l’aide si vous avez besoin”, etc.

Quelques conseils avisés

Profitez de la clarté et de l’envie de faire autrement proposées par Amélie Moynot pour chefdentreprise.com lors de son retour sur la conférence sur le management du futur organisée par l’organisme de formation Demos (le 10/05/2016)

Objectif

Ne pas se retrouver au tapis. Voilà du moins ce qui s’est dessiné, en filigrane, lors de cette conférence sur le management du futur.

A cette occasion, Arnaud Winther, président d’AWperformances, société spécialisée dans la transformation des organisations, et également animateur du think tank Management du futur d’InnoCherche, réseau de veille sur l’innovation, est revenu sur la question.

Son constat de départ : le digital a fait évoluer les méthodes de fonctionnement des entreprises. ” Des révolutions, il y en a toujours eu. Ce qui change avec le digital, c’est la rapidité avec laquelle la disruption s’installe “, observe l’expert.

Voici quelques clés pour éviter de se faire surprendre :

Orienter sa veille

Certains secteurs innovent plus vite que d’autres. Parmi eux, huit, promis à une croissance exponentielle, sont à guetter plus particulièrement. Les dirigeants peuvent regarder par exemple du côté de l’intelligence artificielle, des nanotechnologies, des robots et des drones ou encore de l’impression 3D.

Penser ” usage “

Pour réussir, il s’agit également de se poser la question des usages. Autrement dit, se demander ce qui va faire qu’une solution va être acceptée par les utilisateurs, qu’elle va leur donner envie de changer leurs habitudes et d’abandonner leurs outils habituels pour en tester de nouveaux. ” 90 % des start-up meurent car elles ne trouvent pas un usage “, souligne Arnaud Winther.

Anticiper

Pour rester compétitif, impossible, par ailleurs, de faire l’impasse sur quatre questions fondamentales, afin de bien circonscrire son offre et les évolutions à lui imprimer pour perdurer. Ces questions sont les suivantes : qui pourrait avoir besoin de mon produit ? Que se passerait-il si le marché se désintermédiait ? Comment rebâtir mon offre de zéro ? Que pourraient faire les nouveaux entrants – qui pensent avec des nouveaux codes – sur mon marché ?

Devenir agile

” Pas de transformation digitale sans transformation culturelle et managériale “, affirme Arnaud Winther. L’un des piliers de cette nouvelle culture, c’est l’adaptabilité. En effet, l’excellence opérationnelle ne suffit plus : il faut désormais aussi être capable de prendre en compte en temps réel les réalités d’un monde complexe. De ce principe découle une nouvelle organisation des entreprises où, notamment, l’entité ” équipe ” a davantage sa place, plus désormais que le leader détenant à lui seul toute l’autorité et le pouvoir de décision. La taille de l’équipe idéale ? Entre 4 et 6, selon les sources citées par Arnaud Winther. L’idée étant d’avoir un but partagé permettant d’être capable de prendre les bonnes décisions au moment opportun.

Repenser son management

De fait, apparaissent de nouvelles formes de management, qui mettent la responsabilité des salariés au centre. Responsabilité, liberté, sens de l’initiative… C’est le cas par exemple dans le modèle de l’entreprise libérée, invitant à valoriser la capacité d’entreprendre des salariés pour, notamment, favoriser l’engagement des collaborateurs.